Ou Objet Filmique Non Identifiée du Paysage Audiovisuel Français: voilà l’acronyme me venant pour qualifier La Commune, série actuellement diffusée sur Canal +.

Cette fiction d’une douzaine d’épisodes nous amène donc à la commune, cité banlieue éponyme de la série, et ensemble urbain détenant tous les records en matière de chômage, trafic de stupéfiants et criminalité. Après vingt années passées en prison, le charismatique leader musulman Isham Amadi décide de réintégrer son quartier d’origine, où il retrouve son ami d’enfance, devenu le caïd local, Housmane Daoud. Les habitants de la Commune viennent d’apprendre que les immeubles vétustes dans lesquels ils résident seront rasés pour faire place à de nouveaux logements. Soupçonnant là une manoeuvre des autorités pour nettoyer la cité de ses éléments les plus “nocifs”, certains habitants, rassemblés autour d’Amadi, organisent la résistance. Mais derrière cet affrontement politico-médiatique se profile une guerre de territoire larvée et meurtrière: celle que se livrent les deux frèrent ennemis Daoud et Amadi, liés par un crime vieux de vingt ans.
La série en tout cas devrait énormément faire parler d’elle, tant elle s’avère différente et atypique, qu’il en soit de ces (anti-)héros, flics véreux, politiques corrompus, dealers, ou ex-taulards repentis, à son décors brut et âpre de banlieue, à sa mise en scène déroutante. Certains y verront une satyre et une caricature, d’autre un portrait réaliste ou vitriolée d’une banlieue désolée, ou tout simplement la seule expression d’une fiction. Et s’il se dégageait encore dans les premiers épisodes la légèreté certaine de dialogues parfois emprunts d’humour, l’intrigue avançant s’en dénuera pour laisser s’imposer la seule noirceur d’une dramaturgie violente, dont l’absurdité nihiliste et cynique se voit subtilement incarnée dans l’un des doubles-rôles accordés à Tomer Sisley.En espérant que les non abonnés puissent également en profiter bientôt…